Code SSCC : comment lire les 18 chiffres et réussir l'étiquette de palette
Le SSCC est le seul élément obligatoire d'une étiquette logistique GS1, et pourtant c'est lui qui fait refuser le plus de palettes à quai. Structure, règles de mise en page, pose et erreurs fréquentes, chiffres à l'appui.
Une palette refusée à quai coûte rarement à cause du produit. Le plus souvent, c'est l'étiquette : SSCC illisible, code scanné qui ne correspond pas à l'avis d'expédition, étiquette posée dans le pli du film. Voici ce que dit réellement le standard GS1, et ce que l'on voit dans les entrepôts.
Ce qu'est un SSCC (et ce qu'il n'est pas)
Le SSCC (Serial Shipping Container Code) identifie une unité logistique précise : cette palette-là, pas le produit qu'elle contient. Deux palettes identiques de la même référence ont donc deux SSCC différents. Selon le guide GS1 de l'étiquette logistique, c'est le seul élément obligatoire de l'étiquette ; tout le reste dépend des accords avec le client.
Il est encodé dans un code-barres GS1-128 derrière l'identifiant d'application (00), puis 18 chiffres :
| Position | Contenu | Rôle |
|---|---|---|
| 1 | Chiffre d'extension (0 à 9) | Augmente la capacité de numérotation, libre choix de l'émetteur |
| 2 à 8 (ou plus) | Préfixe entreprise GS1 | Attribué par GS1 France à l'entreprise qui crée la palette |
| suite | Référence série | Numéro que vous incrémentez : …0001, …0002 |
| 18 | Clé de contrôle | Calculée (modulo 10) |
Le préfixe entreprise et la référence série font toujours 16 chiffres à eux deux : plus le préfixe est long, plus la série est courte. Point souvent mal compris : le préfixe rend le numéro unique au monde, mais n'indique pas l'origine de la marchandise.
Exemple chiffré : calculer la clé de contrôle
Prenons un SSCC fictif : extension 3, préfixe 3012345, série 000000457. Les 17 premiers chiffres sont 3 3012345 000000457. On multiplie alternativement par 3 et par 1 en partant de la gauche, on additionne (total : 77), puis on prend ce qui manque pour atteindre la dizaine supérieure : 80 − 77 = 3.
Le code complet s'écrit sous les barres : (00) 3 3012345 000000457 3. Les parenthèses s'impriment dans le texte lisible, mais ne sont jamais encodées dans les barres.
Les trois blocs de l'étiquette
Le standard découpe l'étiquette en trois blocs, de haut en bas :
- Bloc du haut, libre : expéditeur, destinataire, logo. Texte d'au moins 3 mm de haut.
- Bloc du milieu : les mêmes données que les codes-barres, en clair, avec leur intitulé en MAJUSCULES (SSCC, CONTENT, COUNT, BEST BEFORE…), en caractères d'au moins 7 mm. Sans accord sur la langue, les intitulés se mettent en anglais.
- Bloc du bas, le seul obligatoire : le ou les GS1-128 avec leur texte lisible (au moins 3 mm).
Trois règles de ce bloc font tomber beaucoup d'étiquettes « maison » :
- le SSCC doit toujours être le code-barres le plus bas ;
- le code doit être un vrai GS1-128, avec le caractère FNC1 après le caractère de départ. Un Code 128 ordinaire contenant « 00… » n'est pas lu comme un SSCC ;
- les barres sont verticales (en « palissade »), jamais en échelle sur une unité logistique.
Taille des barres : les chiffres qui comptent
Le GS1-128 d'une étiquette logistique a une largeur de module (dimension X) comprise entre 0,495 et 0,94 mm, avec 0,495 mm comme cible. Les barres font au moins 31,75 mm de haut, sans compter le texte, et la marge blanche de chaque côté vaut au moins 10 fois la dimension X.
Concrètement, un SSCC seul (20 chiffres avec le « 00 ») fait 156 modules. À 0,5 mm, cela donne 78 mm de barres, et environ 88 mm avec les marges : cela passe sur une étiquette de 100 ou 105 mm de large. À 0,94 mm, il faudrait plus de 16 cm : réservez les grandes dimensions X à l'A5 et aux environnements difficiles (froid, manutention rude).
Avec une imprimante à 203 dpi, un point mesure 0,125 mm : réglez le module sur 4 points (0,50 mm). À 300 dpi, 6 points donnent 0,508 mm. Un module « entre deux points » produit des barres irrégulières qui passent mal au vérificateur.
Le bon format
Le guide GS1 propose deux formats courants : A6 (105 × 148 mm) ou 4 × 6 pouces quand l'étiquette ne porte que le SSCC ou peu de données, A5 (148 × 210 mm) quand on ajoute les données produit. Le 100 × 150 mm utilisé sur la plupart des imprimantes transport est l'équivalent métrique du 4 × 6 pouces. Sur un A6, le SSCC ne doit pas être concaténé avec d'autres données dans le même code.
Où coller l'étiquette sur la palette
- Code-barres entre 400 et 800 mm du bas de la palette ; si la palette fait moins de 400 mm, le plus haut possible.
- Le code, marges comprises, à au moins 50 mm de tout bord vertical.
- Idéalement deux étiquettes identiques sur deux côtés, pour qu'une soit toujours visible. Le guide note que la droite de chaque face est la plus confortable pour les caristes, majoritairement droitiers.
Sur des palettes gerbées et filmées ensemble, chaque palette garde son SSCC, et l'ensemble reçoit un SSCC supplémentaire sur une étiquette maître posée sur le film.
Les erreurs que l'on retrouve à la réception
- SSCC créé avec le préfixe d'un prestataire (outil d'étiquetage en ligne) : GS1 le considère comme un usage incorrect, la traçabilité remonte au mauvais émetteur.
- Numéro réutilisé : un SSCC ne doit pas être réattribué avant au moins un an après l'expédition, et jamais dans le secteur de la santé.
- AI (02) et AI (01) ensemble : interdit. L'AI (02), qui donne le GTIN des cartons contenus, s'utilise uniquement avec le SSCC et l'AI (37) qui en donne le nombre.
- Données dans le code mais pas en clair, ou le même identifiant deux fois sur l'étiquette.
- Étiquette posée sous le film, dans un pli ou sur un angle, froissée à la pose.
- Papier qui noircit à la chaleur ou au soleil : le guide GS1 demande d'éviter les supports sensibles à la chaleur. Pour une palette stockée longtemps, exposée ou passée en chambre froide, préférez le transfert thermique (voir thermique direct ou transfert thermique).
- SSCC de l'étiquette différent de celui de l'avis d'expédition (DESADV) : il faut scanner les palettes réellement chargées, pas celles prévues.
Ce qu'il faut préciser à votre fournisseur d'étiquettes
- le format (100 × 150, A6 ou A5) et le nombre d'étiquettes par rouleau ;
- l'imprimante et sa technologie : thermique direct ou transfert thermique ;
- le diamètre du mandrin et le diamètre extérieur maximum accepté (voir mandrin et sens d'enroulement) ;
- le support : papier, ou polypropylène pour l'humidité, le froid et les longs stockages ;
- l'adhésif adapté au film étirable et à la température de pose.
Pour l'expédition courante, nos étiquettes thermiques 100 × 150 mm sur mandrin 40 mm conviennent aux imprimantes de bureau. Pour les stocks longs ou le froid, nos rouleaux vierges transfert thermique existent en papier couché et en polypropylène, et nous produisons le PP au format demandé.
Les règles ci-dessus suivent le guide GS1 de l'étiquette logistique ; vos clients peuvent avoir un cahier des charges plus strict, à vérifier avec eux ou avec GS1 France.
Questions fréquentes
Le SSCC est-il obligatoire sur une palette ?
Il n'existe pas d'obligation légale générale, mais dès qu'un client travaille avec l'étiquette logistique GS1, le SSCC est le seul élément qu'elle doit obligatoirement contenir. La plupart des centrales d'achat et des plateformes logistiques l'exigent dans leur cahier des charges.
Peut-on créer des SSCC sans être adhérent GS1 ?
Non. Le SSCC se construit avec votre propre préfixe entreprise GS1. Utiliser celui d'un logiciel ou d'un prestataire est considéré par GS1 comme un usage incorrect.
Quelle différence entre SSCC et GTIN ?
Le GTIN identifie un produit (tous les cartons identiques ont le même), le SSCC identifie une palette ou un colis précis, unique, qui ne sera jamais réattribué pendant au moins un an.
Peut-on mettre un QR code ou un DataMatrix sur l'étiquette ?
Oui, en complément : un code 2D GS1 peut être ajouté à droite du texte du bloc central, mais le GS1-128 reste obligatoire.
Une étiquette en thermique direct suffit-elle ?
Pour une palette livrée en quelques jours, souvent oui. Pour un stockage long, une exposition au soleil ou à la chaleur, le guide GS1 recommande d'éviter les papiers sensibles à la chaleur : le transfert thermique est plus sûr.